25/05/2008

Convivialité

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La semaine du bonjour: les gestes élémentaires

 

 

Si vous dites "bonjour" spontanément à un inconnu en rue entre le 5 et le 9 mai, tout ce que vous risquez est de gagner 25 ou 25.000 euros. Des membres de "Message sans nom", un groupe qui milite pour une société plus amicale et soucieuse de l'autre, arpenteront en effet les rues à la recherche de ces "bonjours" spontanés durant la "Semaine du bonjour". "Message sans nom" part du principe que de petits changements suffisent à rendre la société plus agréable. Pour récompenser les personnes amicales, une "équipe du bonjour" anonyme arpentera les rues du pays et offrira jusqu'à 100 fois 25 euros par jour à qui leur dira bonjour spontanément. Deux d'entre eux gagneront même 25.000 euros. "C'est facile de mobiliser les gens mais il faut un encouragement. Notre objectif est donc de donner une petite étincelle à ce geste simple que nous voulons installer", explique le directeur créatif de la campagne. 

 

La Semaine du Bonjour, qui s'est déroulée du 5 au 9 mai, a remporté un grand succès, a indiqué mardi Piet Jaspaert, coordinateur de l'asbl Message sans Nom. L'action va désormais être déclinée avec l'accroche "Dites bonjour et gagnez... un million de sourires, un collègue de bonne humeur, des voisins sympas...". Les plus courtois ne seront donc plus récompensés d'une somme d'argent. Avec le slogan "Dites bonjour et gagnez 25.000 euros", la campagne a sillonné la Belgique la semaine dernière. "La campagne a aussi énormément attiré l'attention des médias et celle des institutions et des entreprises", a indiqué Piet Jaspaert. Le but était d'offrir 25 euros à 100 personnes qui diraient spontanément "Bonjour" dans la rue. L'équipe n'a pu trouver que 35 "Bonjours" spontanés par jour. "Cela prouve qu'il faut oeuvrer pour une société plus amicale et attentive", a jouté M. Jaspaert. La campagne va être prolongée ces prochaines semaines. Via le site web www.messagesansnom.be, des idées sont récoltées pour dire "bonjour" d'une façon nouvelle. Les meilleurs idées seront publiées fin 2008 dans un livre édité par Message sans Nom. La campagne a reçu beaucoup d'attention de l'étranger également (Belga, 29/04/2008 et 13/05/2008).

 

 

Derrière sa simplicité apparente, cette initiative va loin! Elle a le mérite de reposer sur leurs bases les gestes élémentaires qui sont indispensables non seulement pour la communication interpersonnelle, mais pour le vivre-ensemble et, finalement, pour la création de capital social durable.

 

social capital 4Quelles que soient les vicissitudes de la vie sociale ou nos frustrations individuelles, il faut poser ces actes minimaux sur lesquelles tout rapport social se construit : la reconnaissance de l’autre dans l’espace public par le regard, le sourire et le salut. Peu importe si ce salut est mal reçu, ne reçoit pas de réponse, ou est mal interprété. Il faut avoir le courage et la patience d’apporter cette contribution individuelle modeste, mais réelle, à la restauration de la civilité et du bon voisinage. Nul doute que le chemin sera long dans les sociétés les plus bloquées: la Flandre, la France…:). Mais il faut persévérer.

 

Qu’il nous soit permis de douter de l’adhésion sincère à cette éthique d’Electrabel, Fortis ou la Loterie Nationale, qui ont financé cette initiative… ce sont des sponsors aux visées publicitaires, qui n'en ont sans doute pas compris la portée profonde. Leur nature et leur comportement: exploitation financière de la population dans le cas d’Electrabel, comportement de raider dans le cas de Fortis, opium des jeux populistes dans le cas de la Loterie Nationale…ne semblent guère cadrer avec la restauration du lien social.

03/02/2008

Confiance, communauté, et capital social

Microsociologie de la vie quotidienne

 
                                                                                                                  chateau4Le 20 novembre 2005, un couple d’origine africaine interpelle une dame alors qu’elle se trouve à l’appareil Bancontact du self-banking de la banque ING de La Hulpe, en lui demandant de lui expliquer le fonctionnement des automates. La victime se retourne pour discuter et un des 2 auteurs parvient à lui subtiliser sa carte de banque se trouvant dans l’appareil. La victime cède ensuite sa place au couple pour lui montrer la marche à suivre mais elle n’arrive évidemment pas à récupérer sa carte. L’homme lui propose de taper son code secret afin « débloquer » le système. La victime s’exécute, sans succès, et se rend compte que le couple lui a volé sa carte de banque. Le couple nie et sort ensuite de la banque. Quelques minutes plus tard, ce couple effectue 2 retraits d’argent à l’aide de la carte de banque de la victime au self-banque de la banque Fortis de La Hulpe et tente de retirer également de l’argent à la banque ING de Waterloo. (Annonce de la Police Fédérale)                                                                                                         

 Fait divers ? Chien écrasé ? Peut-être pas. Le modèle original de la communauté est, suivant les pères fondateurs de la sociologie, la communauté villageoise. Il est intéressant d’analyser comment ce couple africain détruit la confiance sociale dans ce qui a été un village convivial, et comment ce faisant, il contribue à l'érosion du capital social. 

chateau2Bien qu’appartenant à une « minorité visible », les intéressés se comportent comme des membres de la communauté et font appel à ses principes. Il y a d’abord une demande de support, qui est bien reçue par la victime car elle est prête à aider (support mutuel à l’intérieur de la communauté). Il y a ensuite une offre de support, "débloquer le système", qui s’inscrit dans la même veine (réciprocité communautaire). Il y a enfin une perversion de ce support mutuel en jouant sur ses bases : la confiance (anticipation de comportement positif) et la véracité (respect de la valeur de vérité dans l’utilisation du langage). On imagine l’impact qu’un tel micro-événement a pu avoir sur la confiance dans le village, et pas seulement chez la victime. 

chateau2La communauté souffre de l’irruption de populations qui ne se sentent pas appartenir au même tout, qui sont parfois démunies, et qui utilisent le langage comme une arme de persuasion sophistique plus que ne le fait l’Europe chrétienne. L’anomie sociale en croissance multiplie les cas de perturbation de la confiance en communauté, avec des degrés de gravité divers. Bien sûr, en l’espèce, d’autres facteurs détruisent la convivialité du village : la rotation des employés des services postaux et bancaires qui ne connaissent plus leurs clients personnellement; l’implantation de commerçants qui ne résident pas sur place et ne sont pas impliqués dans la vie locale; la spéculation immobilière qui détruit l’équilibre ville/campagne et creuse les différences sociales. Ces évolutions dépassent en partie le village, mais il appartient encore à ses habitants de faire tout ce qui est en leur pouvoir pour restaurer ce qui subsiste des liens communautaires.

chateau2Qui a théorisé l’importance de la confiance dans la vie sociale? Pas seulement les spécialistes récents du capital social réunis autour de Robert Putnam à la John F. Kennedy School of Government à Harvard University. L’un des contributeurs est… Alain Peyrefitte, un des barons du gaullisme. S’agissait-il de l’intuition d’un nègre plus astucieux que l’auteur officiel, ou de l’expression d’un aveu indirect de culpabilité ?  En 1995, Peyrefitte publiait un essai intitulé "La société de confiance" sur les causes du développement et du sous-développement dans le monde. Nombreux exemples à l'appui, il avançait l'idée selon laquelle les principaux facteurs du développement ne sont pas à rechercher dans certaines causes matérielles telles que le climat ou les ressources naturelles, mais dans le "tiers facteur immatériel" c'est-à-dire la culture, les mentalités. Plus précisément, le ressort du développement réside dans la constitution d'une société de confiance, confiance que l'État place dans l'initiative individuelle, mais surtout confiance que les individus accordent à l'État, se reconnaissent entre eux, et se font à eux-mêmes. C’est cet "éthos de confiance" qui  aurait permis le développement de l'Europe occidentale ces derniers siècles.

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Qui a dit par ailleurs que «l’État réglemente toujours dans les moindres détails l’ensemble des domaines de la société civile, vidant ainsi le dialogue social de son contenu, entravant la concurrence, favorisant le corporatisme et la défiance. Alors que notre époque requiert du travail en réseau, de l’initiative et de la confiance, tout se décide encore d’en haut, tout est contrôlé dans un climat de méfiance générale»?… la commission Attali, auteure d’un rapport pour la « libération de la croissance française » (2008).

Il doit s’agir d’un retour du refoulé, tant il est vrai que les bonapartistes français, qu’ils fussent gaullistes ou socialistes, n’ont eu de cesse de détruire cette confiance qu’ils invoquent ou dont ils dénoncent l’absence.  

chateau2La détérioration de la confiance en communauté est le plus merveilleux instrument qui soit pour mettre en dépendance des citoyens devenus incapables de se réguler eux-mêmes. Sont irresponsables ceux qui, dans divers pays, répandent des informations fausses, exagérées ou inopportunes sur de prétendus risques terroristes. Il y a là une tentative de miner la confiance et de se rendre indispensable en tant qu’organe étatique aux yeux d’une population qui se sent menacée et ne croit plus ni  en l’avenir, ni en elle-même. La destruction de la confiance conviviale affaiblit le corps social, alimente les conflits, et favorise la mise en place d’une société de surveillance.

La confiance, un signe et un facteur de l’existence d’un abondant capital social, n’est pas une utopie. De nombreuses success stories récentes, comme celles de Wikipedia ou d’Ebay, fonctionnent sur la base de la confiance. Une grande part des relations d’affaires, la marche opérationnelle de grandes entreprises comme la Poste, sont aussi largement basées sur la confiance. Cela peut nous inciter à faire ce qui est en notre pouvoir pour commencer à restaurer cette attitude qui forme la base de la communauté. Cela commence au niveau individuel et comportemental : le regard, le sourire, la civilité, l’entraide de voisinage, le respect de la parole donnée, une attitude positive envers autrui, la réciprocité, une assertivité saine, sont des pas précieux pour commencer à inverser la funeste tendance qui nous est réservée par les gens du pouvoir. 

19/11/2007

La société civile organisée

conn ONG: le bon grain et l’ivraie  

 

Le commissaire européen au Développement et à l'Aide humanitaire, Louis Michel, a suggéré aujourd'hui la création, par les ONG elles-mêmes, d'une "haute autorité" chargée de fixer et contrôler leurs règles d'intervention afin d'éviter toute dérive comme avec l'Arche de Zoé au Tchad. "Les ONG auraient tout intérêt à se construire une sorte d'ordre déontologique, de haute autorité, qui établirait (...) les règles d'intervention, les conditions éthiques", a déclaré M. Michel lors d'une conférence de presse organisée à l'issue d'une visite de 24 heures à Abidjan. Cette haute autorité pourrait faire "elle-même la police au sein des ONG comme il y a un ordre des médecins qui établit les règles déontologiques des médecins", a-t-il expliqué. "Il y aurait une haute autorité, a-t-il affirmé, je crois qu'on n'aurait pas des dérives, des problèmes ou des amalgames malheureux comme ceux qu'on a eu avec l'Arche de Zoé", cette association française qui voulait transférer en France 103 enfants à partir du Tchad (Le Figaro 18/11/2007).  

 

Pour une fois que M. Michel a une idée intéressante… lui qui, lors d’une conférence à Bruxelles il y a quelques années, suggérait une nouvelle colonisation de l’Afrique appuyée sur les instruments de l’Union Européenne, ne peut que voir d’un bon œil l’action de ces centaines d’organisations humanitaires qui ont repris l’action « civilisatrice » et évangélisatrice des frères prêcheurs de l’aventure coloniale. En l’espèce, on peut d’ailleurs douter qu’une déontologie quelconque aurait pu retirer à l’action de  l’Arche de Zoé son caractère scabreux. Importer des enfants africains en Europe au bénéfice supposé de familles qui n’acceptent pas leur sort, eussent-ils été réellement orphelins, n’est pas nécessairement une action qu’on peut considérer comme responsable ni comme conforme au bien public.  bulb on

Mais le caractère intéressant de l’idée est que la société civile doit s’organiser. Aujourd’hui, les organisations de la société civile prennent une importance croissante dans la gestion de la société. La défaillance des systèmes traditionnels de gouvernance étatique, l’aspiration croissante de la population à participer aux décisions qui la concerne, y poussent. Notre opinion est que l’Etat doit cesser d’étatiser, pour devenir progressivement une des formes régulatrices de la vie sociale mais non la seule. Parallèlement, l’Etat doit se recentrer sur ses attributions régaliennes et bien les assurer, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.  Si une régulation déontologique devait être mise en place, elle se heurterait sans nul doute à plusieurs difficultés.  

La première est d’ordre définitionnel. Les ONG sont des organisations non-gouvernementales, par définition censées être indépendantes du pouvoir d’Etat, souvent internationales, certaines spécialisées dans l’humanitaire tiers-mondiste de type néo-colonial, d’autres dans la protection de l’environnement, d’autres dans la lutte contre la pauvreté et la précarité. La question est de ramener cette diversité à une unité plausible. Au terme d’ONG, il faudrait sans doute préférer celui d’OSC (Organisation de la Société Civile), définies comme organisations non-commerciales, indépendantes du pouvoir étatique, et visant le bien commun qu’elles contribuent à promouvoir.

water tap 2La seconde a trait au financement. Sans une ouverture du financement public, les organisations de la société civile ne pourront que très difficilement se développer car elles ne pourront avoir recours qu’à la générosité de donateurs déjà pressurés par la taxation, le coût de la vie et des demandes pressantes de toutes parts, dans un contexte marqué par l’affaiblissement du goût de l’engagement civique. Une telle ouverture du financement public signifierait la fin du monopole de l’Etat sur les ressources publiques. Elle passerait par une loi-cadre ouvrant de droit l’accès au financement public à un certain nombre d’organisations satisfaisant à certains critères, ce qui n’a rien à voir avec un subventionnement ou avec une « reconnaissance d’utilité publique » que l’Etat n’est pas légitime pour décerner. 

La troisième est que cette régulation supposerait sans doute une ouverture du pouvoir étatique de coercition, sans quoi les décisions disciplinaires des ONG resteraient sans effet. L’Etat devrait donc s’engager à faire respecter en tant que de besoin ces décisions devant ses tribunaux.   

On le voit, il s’agit d’une réduction massive du rôle de l’Etat, mais compensée par une montée en puissance de la société civile organisée. Rien à voir, donc, avec le libéralisme professé par M. Michel.

05/02/2007

 D'une addiction l'autre

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 Se désintoxiquer du tabac ou de l’Etat?  

 

 

Fumer au travail, dans les lycées, les centres commerciaux ou encore les hôpitaux est désormais interdit en France, mais les "accros à la nicotine" peuvent encore "en griller une" au café du coin, au moins pour quelques mois. Sont concernés par l'interdiction dans un premier temps les entreprises, établissements scolaires, administrations, commerces, centres commerciaux, établissements de santé, gares, aéroports, salles de sport, salles de spectacle..., et tous les moyens de transports collectifs. Dans onze mois, le 1er janvier 2008, l'interdiction s'appliquera aux cafés, restaurants, casinos et discothèques. Même les cours de récréation "à l'air libre" sont interdites de cigarettes. Les entreprises peuvent faire le choix d'aménager des "fumoirs", mais les conditions de mise en place et de fonctionnement sont particulièrement dissuasives. Avec la mise en place jeudi de la première étape de l'interdiction totale de fumer dans les lieux publics, la France emboîte le pas à ses voisins européens, Irlande, Italie, Suède, Grande-Bretagne, ou encore Espagne. La France pourra alors se targuer d'avoir une des réglementations les plus sévères en Europe, alors que Bruxelles s'est prononcé mardi pour une interdiction générale de fumer dans les espaces publics fermés, sans exception pour les restaurants, lançant un débat sur la nécessité ou non d'adopter une législation au niveau de l'UE. (AFP 01/02/2007)

 

 

Cette affaire met une fois de plus en évidence la manière dont l’Etat a progressivement envahi toutes les sphères de la vie publique au point de prétendre que « le public, c’est lui ! ». Il n’appartient pas à l’Etat, sauf dans un minimum de cas extrêmes relevant du droit pénal, d’interdire quel que comportement que ce soit dans un espace public qui n'est pas sa propriété et dont il n’a pas à disposer à sa guise. 

Ce type de tentative, vraisemblablement voué à l’échec à terme, est d’un caractère d’autant plus abusif que la prohibition étatique  – de sinistre mémoire – vise des comportements individuels et que le Léviathan Européen relaie de telles errances – toujours sous de pieux prétextes – au lieu de se préoccuper de déterminer par quel service concret aux citoyens il pourrait justifier son existence. Ce type de disposition anti-tabac doit rester du ressort de chaque établissement et, en dernier ressort, des forces du marché. 

Dans la même veine, il existe en Belgique une vieille loi qui prohibe le fait d’être en état d’ébriété dans la rue. Le contrevenant risque jusqu’à 12 ans de prison. Il y a là une énormité, un abus manifeste qui conduit l’Etat à vouloir enrégimenter les citoyens y compris dans des domaines qui relèvent de la stricte liberté individuelle.

L’Etat doit se concentrer sur ses attributions naturelles qui sont la répression des crimes, la défense extérieure et la justice démocratisée, et cesser de pratiquer une  intervention incessante, stérile et coûteuse sur le terrain des libertés individuelles et publiques. 

21:27 Écrit par TSCF dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : societe civile, libertes, sante, etat, abus |  Facebook |

26/12/2006

Blair et la citoyenneté

 2005-10-30-democracy_56032875 Blair redécouvre l'engagement citoyen 

 

 

The Government is to recruit 100 people to help ministers to shape policies on the public services for the next decade, ministers will announce today. The people, to be selected by market-research organisations as a cross-section representative of the population, will be asked to put themselves in the shoes of the Government’s decision makers and advise on three key areas of policy, including the cultural changes needed to help people improve their life chances. (...) The “public engagement” exercise carries echoes of the Labour Listens campaign conducted by the party more than a decade ago as it drew up its plans for government in 1997. Despite derision from political opponents and the media at the time, ministers insist that it played an important part in stating Labour’s agenda for its first two terms. People will be recruited to take part in a series of regional working groups. In a series of meetings throughout February, they will be presented with the government papers on which ministers are already working in the network of policy reviews begun in October. The participants, who will not be paid but may be able to claim expenses, will be presented with the same dilemmas that ministers face daily and asked to give their views before decisions are made. The Government will structure the consultation so that ordinary people rather than organised lobby groups get the main say. The groups will come together for a Dowing Street meeting in March. They will be advised by a number of junior ministers and senior civil servants at the event. The conclusions will then be presented to the Cabinet in mid-March and will form an integral part of the findings from the public services working group. An aide to Mr Blair said: “Ten years ago the Labour Party listened to the public and offered them a new settlement in British politics: to combine economic efficiency and social justice as complementary partners, not competing opposites. In the past decade Britain has become fairer and more prosperous.This process of public engagement will help provide a crucial routemap to the future."The big issues: Cultural change - Can the state encourage citizens to change behaviour at a time when lives are lost to smoking, alcoholism and obesity? Customer services - How are public-sector services viewed by citizens? - Citizen and state contracts - To consider the extension of “contracts” - such as education maintenance allowances - between government and the citizen within the public sector. (source: Times 26/12/2006)

 

 

Le fait pour un gouvernement de consulter un panel de « citoyens ordinaires » sur les questions-clés qui se posent au Royaume-Uni est certainement une bonne idée en soi, une idée qui s’accorde avec le développement de la démocratie participative et avec celui du capital social.

 

Tout dépend de la rigueur avec laquelle cette idée est mise en œuvre dans le choix de l’échantillon, la définition des questions posées, la dynamique de groupe, l’exploitation des données, et l’utilisation faite des réponses. Sans oublier que ce type de processus ne se substitue pas à d’autres processus de consultation ou de participation tels que les référendums, les sondages, ou les jurys populaires.

 

Mais on peut s'étonner que de telles consultations n'aient lieu que tous les dix ans. On peut aussi se demander comment Blair rendrait compte du paradoxe entre ce type de démarche et l’intervention britannique en Irak. Manipuler l’opinion publique avec l’aide de faux rapports de renseignements pour justifier une intervention militaire décidée par un gouvernement étranger ne semble pas relever de la consultation participative?

 

De là à penser que cette consultation blairienne - décidée au terme de dix ans de pouvoir et sans que les promesses initiales du « Third Way » aient réellement été tenues - relève de la politique-spectacle, il n’y a qu’un pas que nous franchirions assez volontiers. Il n’empêche que la méthode a du bon, est dans l’air du temps, et peut fonctionner si elle est appliquée avec précaution et sincérité.