26/06/2007

Traité constitutionnel

 Leviathan

Rendre l'Europe aux Européens 

  

 

Il n’y avait pas, en réalité, de crise institutionnelle ouverte par le double « non » franco-néerlandais de 2005. L’UE a des organes, elle dispose d’un budget jusqu’en 2013, elle peut fonctionner. La seule vraie crise naissait de la contradiction entre la volonté acharnée des hommes politiques de construire un Etat européen et le démenti cinglant qu’avaient infligé les peuples à cette volonté. Cette soit-disant crise n'était ressentie que par la classe politique, et n'avait de valeur que pour elle seule.

 

L’accord pour un nouveau traité institutionnel européen conclu ce 23 juin 2007 à Bruxelles est doublement négatif.

 

Tout d’abord, parce qu' il a pour but d’éviter le recours au suffrage populaire universel et direct, afin d’obtenir une ratification facile par des assemblées parlementaires toutes acquises à la cause du super-Etat européen, ou à celle de leur maître national. L'essentiel, pour l’Etat français comme pour le gouvernement britannique, est que ce traité soit assez différent de la Constitution rejetée en 2005 pour justifier l'abandon de la ratification par référendum. Le succès de leur Conseil européen se mesure alors moins à l'ampleur des ambitions satisfaites qu’à la modestie dont leurs résultats peuvent être parés.

 

Ensuite, parce qu'en reprenant les modifications institutionnelles introduites par la défunte Constitution, cet accord a pour but de faire une union des Etats et non une union des peuples. De fait, le futur texte, négocié dans une parfaite opacité, va reprendre l’essentiel de la défunte Constitution. On a manié le ciseau, supprimé tout ce qui pouvait faire penser à une Constitution, et on a gardé le reste en l’éclatant dans les traités existants.

 

Présidence stable du Conseil européen, personnalité juridique de l’Union, création d’un service diplomatique européen, passage d’une quarantaine de matières à la majorité qualifiée, vote à la double majorité au sein du Conseil des ministres... tout ceci concourt à réduire le rôle des sociétés nationales, à écarter la société civile des décisions, et à préparer l’avènement d’un Etat qui mènera sa propre politique militaire, fiscale, judiciaire et policière. C'est la matérialisation des ambitions impériales et de la société de surveillance, contre lesquelles aucune frontière ne pourra plus protéger les Européens.

 

social capital 2Nous croyons au contraire qu’il faut rendre l’Europe aux Européens.  

 

L’intégration européenne nous offre une opportunité historique unique pour donner plus d’espace à la société civile, pour réduire le poids des gouvernements et des bureaucraties, pour stimuler l’engagement civique. Il y a un ensemble de pistes pour réaliser cela.

 

L’intégration étatique devrait être maintenant arrêtée. Les institutions de l’UE devraient être replacées sous contrôle démocratique par le recours généralisé aux consultations référendaires. Le droit d’initiative populaire devrait être praticable (le seuil est actuellement à un million de signataires...), et se voir associer des conséquences précises, contraignantes. Les organes de l’UE devraient être repensés et évalués sous l'angle de l’utilité sociale et de la création de valeur pour les citoyens européens, et non pour les seuls gouvernements. Le financement public européen devrait être ouvert de droit aux organisations de la société civile dès lors qu’elles contribuent au bien commun.

 

Les temps deviennent sans doute lentement mûrs pour la création d’un nouveau parti politique européen qui s’adresserait directement aux électeurs des différents pays, au lieu d'être l'émanation de mouvements nationaux phagocytés par les Etats. L’objectif de ce parti serait la réforme de l’Union au sens que nous venons de tracer, ainsi qu’une politique de forte cohésion sociale dans tous les pays. Sans une telle cohésion, en effet, aucune vraie démocratie ne peut exister.  

 

 

25/03/2007

Traité de Rome

 

Leviathan 

 L'Union Européenne et l'Europe 

 

 

En panne, en crise, paralysée, dans le coma, désenchantée...Autant d'expressions qui traduisent un même constat: l'Union européenne est en proie à la sinistrose à l'heure de fêter le 50e anniversaire des traités de Rome - dont l'acte de naissance de la Communauté économique européenne. A cette occasion, les Vingt-sept ne manqueront pas de vanter les mérites et les succès - paix, prospérité, euro, marché commun, libre circulation...- de l'intégration européenne, un modèle qui suscite le respect, sinon l'admiration du reste du monde. C'est de circonstance. Mais le coeur n'y est pas et la photo de famille fixera des sourires crispés.

 

Qui sommes-nous ? Où allons-nous, que voulons-nous et comment y arriver ? Sur les réponses à apporter à ces questions essentielles, les Vingt-sept peinent à s'entendre et, partant, à définir l'avenir du projet européen, snobé par une partie des élites et boudé par les citoyens (…) Un accord, mais lequel ? Comment concilier deux conceptions opposées de la construction européenne ? L'Europe doit en faire plus, clament les uns, partisans, comme l'Espagne, d'un traité élargi à des matières sociales, énergétiques et environnementales. L'Europe en fait déjà trop, rétorquent les autres, jaloux de leurs prérogatives nationales et/ou privilégiant la dimension économique à l'approfondissement politique. "Personne ne bouge. Il n'y a pas clé pour débloquer la situation", se lamente l'ancien président de la Commission, Jacques Delors. (…) Car c'est l'autre grand défi qui attend les dirigeants européens : convaincre ces citoyens qui n'entendent rien à l'Europe, s'en méfient ou s'en préoccupent comme un poisson d'une pomme, qu'elle est faite par et pour eux. "Je ne crois pas au scénario catastrophe", rassure l'ancien vice-président de la Commission Etienne Davignon. "Mais si nous n'apportons pas de justification à ce que nous sommes, alors la crédibilité n'existe plus". (La Libre, le 19/03/2007).

 

 

 

euro1Tout d’abord une clarification: l’Union Européenne n’est pas l’Europe. L’Europe est une réalité culturelle, historique, géographique et ethnique; l’Union Européenne est une mise en commun de moyens par des Etats. La dernière ne saurait usurper la réalité de la première.

 

En témoigne entre autres multiples exemples la récente directive sur la fiscalité de l'épargne: l'UE va vers la disparition du secret bancaire dans l'Union; elle n'enlève rien ce faisant à la souveraineté des Etats membres sur le plan fiscal - au contraire, elle leur assure une efficacité accrue dans la taxation de leurs ressortissants. Il s'agit bien de renforcer le contrôle sur les citoyens en mettant en place des coordinations étatiques au-delà des frontières sur un plus vaste territoire, un domaine impérial.  

 

Or, il est illusoire de chercher à continuer l’intégration européenne dans ce sens d’une construction étatique. Ce concept est dépassé, et ses « inspirateurs » manquent singulièrement de vision. La soit-disant Constitution Européenne n’est, rappelons-le, rien qu’un instrument de création d’un organe étatique supranational dont les peuples n’ont nul besoin. Tant que les vieux schémas n’auront pas été révisés, tant que les objectifs n’auront pas été mis en cause dans leur bien-fondé, on continuera de parler de "désaffection", de "panne" ou de "crise", latente ou ouverte, de l’intégration européenne.

 

 

euro1Le deuxième point est que la seule orientation possible est de revoir les différentes institutions qui ont été mises en place (Commission Européenne, Parlement Européen, Conseil de l’Europe, etc.) sous l’angle du service rendu aux citoyens.

 

Quels sont les services concrets rendus aux peuples par ces institutions? Quelle valeur produisent-elles? Où passe la limite entre l’organe bureaucratique qui se nourrit de lui-même et l’organisation qui rend un service effectif, socialement utile? Comment peut-on renforcer le contrôle social sur ces institutions ainsi que leur transparence? Comment, par qui, avec quel degré de démocratie et de professionnalisme seront conduits cette interrogation et les réformes indispensables ? Répondre à ces questions nous paraît être la seule voie d’avenir - même si, en retour, elle peut paradoxalement faire grincer les dents des Etats nationaux. Autrement dit, il faut changer de client : les peuples, et non plus les Etats.

01/02/2007

L'UE autosatisfaite

Le Léviathan européen

  

 

Leviathan1, Les 13 pays de la zone euro émettront cette semaine une pièce de deux euros spéciale à l'occasion du 50e anniversaire de la signature du traité de Rome. Tous les exemplaires sont illustrés avec un livre ouvert sur un fond représentant la place du Capitole, à Rome, et portent la mention "traité de Rome" dans l'idiome du pays. La Belgique, seul pays doté de trois langues officielles, a opté pour l'expression latine "pactum romanum", tandis que l'Irlande a fait figurer la mention en gaélique. C'est la première fois que tous les pays de la zone euro émettent une pièce de deux euros présentant une même face pour commémorer un événement. Des pièces commémoratives ont déjà été émises par le passé, par exemple en Grèce pour les Jeux Olympiques d'Athènes ou en Espagne pour le 400e anniversaire de la première édition de Don Quichotte. (Belga 22/03/2007)

 

2, L'euro est le dernier avatar d'importance du projet, démarré en 1985, de construire un grand marché européen. Les conditions d'introduction de l'euro ont privé les Etats membres d'une partie importante de leurs prérogatives en matière de politique économique. Interdits de politique budgétaire et interdits de politique monétaire, les pays européens se sont tous rabattus sur deux choix politiques : baisser la fiscalité, notamment l'impôt des sociétés, et modérer les salaires. Au total, en l'absence d'harmonisation sociale et fiscale et d'un vrai pouvoir économique au niveau européen, l'euro est objectivement devenu un moyen, parmi d'autres, pour renforcer une compétition économique dommageable, pour les travailleurs et pour les citoyens. C'est bien plus grave que les - modestes - hausses de prix "chipées" au passage par quelques commerçants ou cafetiers. (22/03/2007, Institut pour un Développement Durable).

 

3, "La voix de tous ceux qui ont ratifié la Constitution, et ils sont aujourd'hui les plus nombreux, n'est pas audible. Nous avons voulu rétablir une sorte d'équilibre dans le débat actuel et dans les débats à venir. 18 États membres ont ratifié la Constitution. Cela fait deux tiers des pays de l'Union européenne. On ne peut pas passer par pertes et profits ces votes. En nous réunissant à Madrid, nous voulons envoyer un message positif à tous les pays qui n'ont pas encore ratifié et qui doivent le faire. Si nous respectons les deux pays qui ont dit "non" pour l'instant, la France et les Pays-Bas, tout le monde doit comprendre qu'il faut aussi respecter le choix contraire, à savoir le "oui" de 18 autres États souverains." (déclarations du politicien luxembourgeois Nicolas Schmidt en marge de a réunion informelle des « 18 » à Madrid le 26 janvier 2007,  Le Quotidien du 25-01-2007).

 

1, A propos de la pièce nouvelle, on notera, d’une part, la récupération du traité de Rome par l’euro, et d’autre part, la connotation étonnamment impériale de l’expression « pactum romanum »...

2, Le traité de Rome de 1957 créait somme toute une Europe protectrice, avec la préférence communautaire, et dynamique, avec la suppression des barrières douanières internes. C'est surtout  depuis le traité de Maastricht inspiré par l’Etat français, en 1992, que le dérapage s’est produit vers la construction d’un Etat supranational.

3, L’euro, instrument essentiel de cette construction, a été source de dévastation économique - chômage et inflation. Nous avions prévu ces conséquences dès avant 1998. L'adoption de l'euro n'a pas permis à l'Union de faire face au ralentissement économique du début 2001. Les dirigeants européens ont été incapables d'enrayer la glissade du dollar, qui a pénalisé les exportations européennes. Alors qu'au milieu de son mandat, l'Administration Bush laissait filer ses déficits budgétaires, les pays européens se retrouvaient pris à contre-pied, brusquement étranglés par l'étau du pacte de stabilité, et incapables de surcroît, de réformer leur instrument budgétaire fétiche.

 

4, L’« appel des 18 » est présomptueux: il ne faut pas oublier que dans nombre de pays qui ont ratifié le traité constitutionnel, les citoyens n’ont pas été consultés, le traité ayant été ratifié par simple voie parlementaire. Les études d’opinion montraient souvent l’hostilité des citoyens au traité. Les méthodes utilisées dans le processus de mise en place de l’Etat européen sont toujours les mêmes: ses partisans recourent à un catastrophisme intimidant, s’attribuent des vertus de dynamisme, amalgament l’Europe avec l’Union Européenne…lorsque les électeurs votent contre, on les fait revoter; ou bien on essaie de contourner le verdict des urnes en évitant de les consulter. 

 

5, Le projet de constitution européenne consiste à étatiser la société en organisant un Etat supra-national aux prérogatives régaliennes. Ce Léviathan incontrôlable est non seulement inutile, mais dangereux. En 2005 en France et aux Pays-Bas, les peuples ont intuitivement senti qu'on les emmenait là où ils ne devaient pas aller, et ils ont fait leur choix en conséquence.

21:07 Écrit par TSCF dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : union europeenne, euro, etat |  Facebook |

17/01/2007

Nouvelles du Léviathan

1948507409

 

De l'intérêt de rapprocher des faits habituellement perçus séparément 

 

Fait 1: Sans les voix des "nouveaux Belges", Anvers aurait été plus brune que jamais le 8 octobre dernier, selon une analyse de Jan Hertogen, sociologue flamand. C'est dans les districts où les nouveaux Belges ont connu la plus forte progression, tels qu'Anvers et Borgerhout, que le Vlaams Belang est en recul. Selon cette analyse, les nouveaux Belges ont progressé de 6,9% depuis 2000 dans le district d'Anvers. Dans le même temps, le Vlaams Belang y a perdu 1,2%. A Borgerhout, on a connu une augmentation des naturalisations de l'ordre de 7,5% et le parti d'extrême droite a reculé de 4,6%. La même analyse fait également ressortir qu'à Borgerhout toujours, parmi les "anciens Belges", le score du Vlaams Belang est en progrès. Dans les autres districts de Deurne, Hoboken et Merksem, le poids des nouveaux Belges n'est pas encore suffisamment lourd que pour inverser la tendance, indique le sociologue. C'est probablement la raison pour laquelle le VB y a connu le 8 octobre des scores historiques de plus de 40%, précise-t-il (Source: Belga, Anvers 15/01/2007)

 

Fait 2: Les polices des pays européens disposeront bientôt d'un accès automatique aux banques de données des autres Etats membres reprenant les informations relatives à l'ADN, aux empreintes digitales et aux plaques d'immatriculation. En Belgique, la procédure sera effective dès le mois d'avril. Au cours d'un Conseil informel des ministres de l'Intérieur à Dresde (Allemagne), les ministres ont évoqué l'intégration dans le cadre communautaire du traité de Prüm. Signé en 2005 par l'Allemagne, la France, l'Espagne, l'Autriche, les Pays-Bas, le Luxembourg et la Belgique, le traité prévoit des procédures plus souples pour l'échange d'informations sensibles, comme l'ADN et les empreintes digitales, entre les polices européennes. Il semble désormais qu'un consensus existe pour étendre la procédure aux 27 Etats membres, même si le Royaume-Uni, l'Irlande, la Pologne et la République tchèque ont exprimé des réserves quant à l'impact juridique et financier. En Belgique, le traité de Prüm a été ratifié et entrera en vigueur en avril. Le traité permet également l'organisation de patrouilles de police communes, les poursuites transfrontalières ainsi que l'échange de policiers dans le cadre de grands événements comme les tournois de football ou les sommets politiques (Source:  Belga, Bruxelles 15/01/2007)

 

 

Il peut être intéressant de rapprocher entre eux des faits habituellement perçus comme séparés, en utilisant la méthode de la concomitance ou de la synchronicité.

 

D’une part, on assiste à une concurrence avérée des minorités ethniques face à une majorité affaiblie, en proie aux valeurs du Nouveau Léviathan: individualisme, hédonisme et consumérisme. Cette concurrence a un aspect économique et un aspect démographique, mais aussi une traduction politique. Cette étude le montre clairement, en mettant en relief une bipolarisation de l’opinion publique telle qu’elle s’exprime dans les suffrages et finalement dans les rapports de pouvoir politique, autrement dit la capacité à décider collectivement. 

 

D’autre part, on assiste à une policiarisation de l’Europe dans les termes de traités obscurs, conclus entre des gouvernements en l’absence de tout contrôle démocratique réel. Certes, ces gouvernements pourront toujours expliquer à la ménagère naïve que  ces dispositions vont la protéger contre les malfaiteurs. En réalité, ce n’est pas comme cela que l’on trouve les malfaiteurs, et cet espace policier européen représente une nouvelle étape dans la surveillance, déjà poussée, des populations, et dans la régression internationalement organisée des libertés publiques.

 

Ces deux éléments rapprochés sont illustratifs de la politique du pouvoir: exaspérant les tensions sociales d'un côté, et tentant de juguler artificiellement les effets de cette exaspération, que ce soit par des moyens politiques, juridiques ou policiers, d'autre part.

12:05 Écrit par TSCF dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : immigration, union europeenne |  Facebook |

08/01/2007

Un Parlement peu crédible

Parlement européen: le cordonnier le plus mal chaussé 4058130072

Le Parlement européen, c'est un peu Janus. Avec des eurodéputés qui remettent le prix Sakharov pour la liberté de l'esprit d'une part, et la chef du service audiovisuel Anne-Margrete Wachtmeister qui empêche une journaliste portugaise de tourner des images de la grève des auxiliaires-session du Parlement d'autre part. Des eurodéputés qui votent la création d'un fonds destiné à aider financièrement les salariés victimes de la mondialisation d'un côté, et une administration qui se sépare sans grand ménagement de ses cameramen, réalisateurs et autres cadreurs à l'issue de procédures qui, à tout le moins, posent question. (La Libre le 05/01/2007)

Voici une nouvelle illustration d’un facteur répandu de décrédibilisation des institutions: on parle, on dispose, on légifère pour les autres, mais on est incapable de s’appliquer les mêmes exigences à soi. L'observation est tout aussi vraie des administrations publiques qui prétendent réglementer le secteur privé et y promouvoir de positifs changements, mais qui sont archaïques et sous-gèrent leur personnel.

Cette contradiction est l'une des causes fondamentales du désenchantement à l'égard de la politique.

C’est l'une des réformes les plus urgentes à entreprendre que de moderniser les modes de gouvernement , ce qui englobe le fonctionnement du monde politique et celui des administrations. Passer, en somme, à un Etat plus modeste, plus compétent, plus cohérent, qui fait ce qu’il dit, tient ses promesses, donne l'exemple, et ne se contente pas de déclarations abstraites et de visées au seul usage des autres.

18:16 Écrit par TSCF dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : union europeenne, confiance |  Facebook |

01/01/2007

La mascarade de l'euro

        Core inflation in the Euro zone remained at the four-year low level -- 1.5 per cent year-on-year -- according to data released by European Union's statistical office, Eurostat.                                   

 L'agonie du rêve euroimpérial 

Alors que l'euro compte cinq bougies sur son gâteau, les nostalgiques du franc et autres détracteurs de la monnaie unique ont le vent bien calé en poupe. Et, même si la Slovénie devient le premier janvier le treizième Etat membre de la zone euro, le blues a gagné la plupart des participants de l'aventure. Ainsi, entre septembre 2002 et novembre 2006, la perception des avantages de la monnaie unique est tombée de 59 à 48 pc dans l'Union européenne, selon un eurobaromètre. Prenez la France : un récent sondage TNS-Sofres a démontré que 52 pc des Français estiment que l'euro est "une mauvaise chose" pour la France, contre 45 pc en décembre 2003... Et, en Allemagne, 58 pc des personnes interrogées affirment qu'elles reviendraient au mark si elles pouvaient choisir. Plusieurs facteurs permettent de comprendre cette dégringolade de l'enthousiasme européen par rapport à la monnaie unique. "Des craintes ont notamment été exprimées au niveau de l'augmentation des prix", observe Françoise Bernard, responsable "Marchés financiers" chez Fortis. Beaucoup auront eu l'impression qu'avec l'euro, un trou avait été percé dans leur porte-monnaie.(Source :La Libre, 29/12/2006).

 

euro,rain,bankNous avions il y a déjà longtemps annoncé que l’euro était un mauvais projet. Les événements viennent confirmer l’analyse: stagnation et chômage de masse, inflation aggravée, désaffection des opinions publiques... Face à cet état de choses, les partisans de la monnaie unique européenne recourent à deux arguments.

euro,rain,bankD’une part, l’euro ne porterait qu’une responsabilité apparente dans la hausse des prix; tout serait affaire de psychologie… Mais les Européens ne sont pas dupes. En réalité, l’inflation officielle est sous-estimée. Les prix qui ont le plus augmenté (parce que le contrôle des consommateurs a été rendu plus difficile) sont ceux des articles de consommation courante - ceux qui pèsent le plus dans le panier de la ménagère. Des articles ont été sortis du panel des prix, et les entreprises ont mis fin à la production d'articles parmi les moins chers pour en produire de nouveaux, à des prix nouveaux.

euro,rain,bankD’autre part, d’après les partisans de l’euro, il serait impossible de revenir en arrière sauf à supporter des coûts et des dommages «extrêmement importants». Ce pseudo-argument qui vise à faire peur avait déjà été utilisé à l’époque du passage à l’euro. En réalité, les banques centrales nationales ont la capacité d’imprimer à nouveau  facilement  des devises nationales. La transition à un système de monnaies européennes coordonnées, comme l’ancien « serpent monétaire », est faisable, permettrait de gérer les différentiels de compétitivité avec souplesse, et présenterait des avantages encore plus importants que les éventuels inconvénients. La banque centrale européenne en serait garante, et elle serait réformée pour inclure dans ses objectifs statutaires la promotion de la croissance et de l’emploi.

09:12 Écrit par TSCF dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : union europeenne, euro |  Facebook |

05/12/2006

Le piège de l'euro

L'euro qui monte, qui monte... quelles conséquences?

US dollar notes exchange hands at a local bank in BeijingEn quinze jours, la devise européenne a vu sa valeur gonfler de 4 pc face au dollar. Principale cause de la hausse : l'évolution contrastée des taux d'intérêts aux Etats-Unis et en Europe. Pas d'inquiétude pour l'instant, estime une analyste. Sans lever le petit doigt, le détenteur de fonds monétaires libellés en euros vient de voir ses actifs gonfler de 4 pc en quinze jours. Soit une hausse impressionnante de... 96 pc en glissement annuel ! À condition de se référer au dollar. Car bien qu'elle se soit aussi appréciée face à d'autres monnaies comme le yen, c'est face au billet vert que la devise européenne a enregistré cette progression fulgurante.

Pourquoi l'euro a-t-il bondi aussi fortement contre le dollar ? L'élément de réponse le plus évident réside dans le différentiel des taux d'intérêts entre les Etats-Unis et la zone euro. Alors que la Réserve fédérale américaine (Fed) a marqué une pause dans son cycle de relèvement des taux et pourrait même les abaisser vers mars ou avril 2007, la Banque centrale européenne (BCE) continue, de son côté, à serrer la vis monétaire. Les économistes s'attendent à une hausse du principal taux directeur de la BCE ce jeudi, à 3,5 pc. Et il se pourrait bien que ce ne soit pas la dernière. "Lors de sa précédente réunion , la BCE a laissé la porte ouverte à de nouvelles hausses des taux", explique Annick Pierard, analyste chez ING. "Selon nos estimations, elle relèvera encore ses taux d'un quart de point, au plus tôt en février. Dans l'état actuel, nous estimons que 3,75 pc sera le taux maximum pour 2007." Étant donné que, contrairement à la BCE, la Fed devrait quant à elle abaisser ses taux en 2007, les cambistes ont tendance à revoir leurs positions en dollars. Et à privilégier l'euro.(...) Les cambistes gardent aussi un oeil sur l'Asie. Car c'est là que se trouvent concentrés les deux tiers des réserves de change de la planète. "Quand la Banque centrale de Chine dit qu'elle pourrait diversifier ses réserves, il y a inévitablement un effet sur le marché des changes", souligne Annick Pierard. "L'inquiétude des opérateurs grandit et ils ont tendance à vouloir se couvrir contre une éventuelle baisse du cours du dollar".

En cas de hausse de l'euro, les entreprises qui exportent hors de la zone euro sont pénalisées, leurs biens et services devenant plus chers à la vente. A cet égard, le niveau actuel de la devise européenne (plus de 1,33 dollar) est-il critique ? "Non", estime Annick Pierard. "Loin de ne suivre que le cours de l'euro face au dollar, la BCE calcule un taux de change effectif permettant de mesurer la compétitivité des entreprises européennes. Le niveau de ce taux n'est pas encore préoccupant" .Il n'y aurait donc pas de quoi s'inquiéter pour la compétitivité européenne dans l'état actuel des choses. (Source: La Libre Belgique 05/12/2006).

Ce type de fausse bonne nouvelle a de quoi préoccuper, tant quant à la qualité de l'information journalistique qu'à celle de l'analyse économique.

L'économie de l'eurozone est exsangue. Il suffit de regarder autour de soi pour apercevoir l'apathie générale, le développement de la pauvreté, de la précarité, la faiblesse de la croissance, la permanence du chômage, la difficulté de vivre. La BCE suit une logique purement monétariste héritée de son histoire, et qui était celle de la Bundesbank avant elle; mais la Bundesbank opérait elle-même dans un contexte allemand d'économie sociale de marché qui n'est  pas le contexte européen. A cet égard, la montée de l'euro n'est pas une bonne nouvelle. Que des spéculateurs boursiers ou commerciaux en profitent ponctuellement ou systématiquement est possible; c'est là leur affaire et non celle de la majorité. L'euro n'est pas "fort" parce qu'il est soutenu par une économie forte. Il monte parce qu'une économie exsangue génère moins d'inflation apparente, importe moins; parce que les coupes dans l'emploi et les salaires favorisent à court terme les profits financiers.

Il faut aussi remarquer que si l'euro progresse, c'est principalement et depuis le début, par rapport au dollar américain. Pourquoi? Tout porte à croire que le gouvernement américain a choisi de laisser filer le dollar pour faire financer ses gigantesques déficits par l'étranger, et singulièrement par l'Union Européenne, afin de poursuivre sa politique d'expansion et de soutien à l'économie, y compris l'économie militaire.

Nos "intelligents" dirigeants européens auraient-ils été pris au piège de leur ambition impériale? Ils pensent sans doute faire reposer sur la majorité des Européens les conséquences de leur politique...

euro,rain,bankNext Photo

12:02 Écrit par TSCF dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : euro, union europeenne |  Facebook |